Mis à jour le 26 septembre 2025
Depuis un an environ, grâce à l’acquisition d’une presse d’occasion, je peux pratiquer la gravure à la pointe sèche, après avoir expérimenté la linogravure.
Pour les non initiés, quelques explications :
- en linogravure, les parties entaillées de la plaque de lino correspondront au blanc du papier (gravure en taille d’épargne), les parties intactes retiendront l’encre appliquée en fine couche au rouleau encreur en caoutchouc dur et seront donc imprimées. Pas besoin de presse en linogravure, on peut presser le papier sur la plaque avec un objet plat et lourd.
- à la pointe sèche, c’est l’inverse (gravure en taille-douce) : les parties creusées avec la pointe d’acier retiendront l’encre et formeront le dessin imprimé. Après encrage, on essuie soigneusement la plaque pour retirer l’encre des parties intactes et ne la laisser que dans les creux. Une presse est indispensable pour que le papier humidifié aille chercher l’encre dans les creux. D’où la formation d’une « cuvette » : le passage de la plaque entre les rouleaux de la presse laisse un creux, un gaufrage.
- l’avantage de la pointe sèche c’est qu’on n’utilise pas de vernis et de produits chimiques pour « mordre » la plaque de métal, technique de l’eau forte, moins accessible à des amateurs à mon sens.
- on peut se référer à cet article
Pour mes gravures à la pointe sèche, je n’utilise pas (encore) le zinc ou le cuivre mais le rhénalon : une mince feuille de plexiglas spécial, que la pointe d’acier creuse facilement. Autre avantage pour un amateur : pas besoin de transférer le dessin sur la plaque. Elle est transparente et il suffit donc de la poser sur le dessin préparatoire, qu’on n’oubliera pas d’inverser en miroir, ce qui est facile à réaliser avec un ordinateur et une imprimante.
Quand on a l’habitude comme moi de dessiner à la plume ou au crayon et donc de réaliser les différentes valeurs de gris et de noir par des hachures, la réalisation du dessin préparatoire et la gravure de la plaque ne posent pas de gros problème. La partie la plus délicate est l’impression, qui dépend de la qualité du papier, de son taux d’humidité, du réglage de la pression des rouleaux de la presse, de la qualité de l’encrage puis de l’essuyage…
Par contre je trouve la linogravure plus difficile à réaliser : il faut imaginer le résultat final en réalisant le dessin préparatoire et l’encrage n’est pas évident pour qu’il soit bien régulier, comme on le constatera ci-dessous (!)
Voici mes réalisations jusqu’à maintenant :
Pointe sèche
3 étapes : la photo (personnelle le plus souvent, trouvée sur Internet quand je n’ai pas eu la chance de photographier moi-même le sujet désiré ; elle me sert d’inspiration, je ne la reproduis pas forcément à l’identique), le dessin (au crayon ou à l’encre / brou de noix à la plume ; en général je l’ai réalisé sans penser a priori l’utiliser ultérieurement pour une gravure) et enfin la gravure imprimée.
Après un séjour dans le Var : les pins en bord de mer – photos personnelles (cliquer pour agrandir)






Série « Un petit poisson, un petit oiseau… » d’après la chanson chantée par Juliette Gréco ; épilogue : chanson des Rita Mitsouko – photos trouvées sur Internet (cliquer pour agrandir)









Lambersart : la plaine du Colysée. J’ai ajouté à ma photo de paysage un premier plan : une perruche à collier, un oiseau fréquent en ville depuis quelques années, et de la végétation (cliquer pour agrandir)


Séries de cartes au format 10 x 15 ou 15 x 10 (cartes de voeux)
5 cartes à l’encre Charbonnel Terre de Sienne brûlée, papier Fleur de Coton Clairefontaine 250 gr (photos personnelles – cliquer pour agrandir) :















Série de 4 cartes 10×15 cm à l’encre Charbonnel noire avec gravure en petit format (environ 6 x 6) ; papier Fleur de Coton Clairefontaine 250 gr – photos personnelles (cliquer pour agrandir) :












« Automne » – Encre Charbonnel Terre de Sienne brûlée sur papier Magnani Pescia 100% coton 300gr – 20 x 30cm.
Réalisé à partir d’un dessin à la plume et encres de couleur Sennelier, lui-même réalisé d’après un montage Photoshop à partir de diverses photos de feuilles et de graines trouvées sur internet (cliquer pour agrandir).



Deux séries : Paysages en Nord – Lille – d’après mes propres photos ou dessins. Pointe sèche, roulette, multi-lames sur Rhénalon. Matrice 12 x 17 cm environ. Encre Charbonnel, papier Magnani Pescia 100% coton, format 20×20 cm. Cliquer pour agrandir.




















Fantastique
Début d’une série. Des animaux fantastiques.
Pour l’instant un moyen format (matrice 30×20) : « Poisson volant », d’après un tableau de Nicolas Eeckman.


Ci-dessous un petit aperçu de mon atelier de gravure :
GRAVURE :
- Plaque de Rénalon (plexiglas spécial gravure). Sur la photo le dessin gravé apparait en noir, car le cliché a été pris après utilisation de la plaque. Sinon le dessin en creux reste transparent pendant la phase de gravure, ce qui nécessite d’adapter l’éclairage pour bien voir ce que l’on grave.
- Pointe sèche, multi-lames et roulette (fabriqués par Mathieu Coulanges): la pointe sèche trace les traits. Le multi-lames trace des traits parallèles, la roulette des pointillés ; on les utilise pour certains motifs, pour obtenir des gris…
IMPRESSION :
- Les tubes d’encre Charbonnel (éviter les boîtes, car l’encre y sèche en surface) ; les tubes suffisent largement pour un graveur amateur, car on utilise peu d’encre à chaque fois.
- Une plaque de verre pour étaler l’encre avec un couteau de peintre.
- Une « poupée » en cuir pour encrer la plaque gravée : en tamponnant, on fait bien pénétrer l’encre dans les creux de la plaque.
- Une feuille de papier, une page de journal et des gants : il faut protéger la table et surtout ses mains, car ensuite il faudra saisir le papier humide avec des mains propres ! La feuille de papier blanc est pratique pour juger de l’essuyage de la plaque
- Des morceaux de papier journal pour un essuyage grossier et de papier de soie pour l’essuyage final
- Et enfin la presse (une ABIG) et son lange (feutre)



Linogravure







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